Le sentiment de culpabilité



La culpabilité est généralement liée à toute une série d'émotions; la colère d'avoir commis une erreur, l'angoisse envers nous-mêmes pour l'erreur que nous avons commise, la peur des conséquences de nos erreurs ou le désespoir lorsque nous sentons que nous ne pourrons pas le faire correctement à l'avenir. Comme la culpabilité, la honte peut aussi avoir ces deux dimensions; un de adaptatif et un autre de névrosé. D'un point de vue sain, la honte nous dit ce qui est correct et acceptable au sein du groupe social, ce qui nous permet d'assumer les règles comme les nôtres et, par conséquent, de nous faire sentir que nous faisons partie de ce groupe.


La honte apparaît comme un mécanisme adaptatif au sein de l'ordre social, qui est chargé d'indiquer si nous avons dépassé ou non les règles sociales. En conséquence de cette fonction, nous pouvons affirmer que la honte fonctionne comme une alarme qui nous avertit que nous devrions peut-être revoir un aspect personnel qui nous empêche ou rend difficile l'intégration dans le groupe social. Un autre aspect sain de la honte est celui qui nous permet d'être vigilant et de nous rendre compte que nous n'avons pas certaines ressources pour faire face à une certaine situation. Par exemple, lorsque nous devons donner une conférence en anglais, et que nous sommes conscients que notre niveau de langue est très limité.


La honte est une émotion avec une composante sociale claire, pour cette raison, nous n'avons pas tous honte dans les mêmes situations. Le sentiment de honte dépend des normes que nous partageons avec le reste de la société et avec ce que nous considérons socialement digne et acceptable. Lorsque nous transgressons l'une de ces règles sociales, et que nous sentons que les autres le remarquent, c'est là que la honte apparaît. Cependant, la honte n'est pas seulement influencée par une composante sociale et culturelle, mais dépend également de la personnalité et des expériences vécues par chaque personne. D'autre part, nous trouvons la honte névrotique, qui est celle qui nous fait souffrir en nous faisant sentir indignes; de cette manière, nous ne nous sentons pas dignes d'appartenir à un groupe. De cette honte, nous nous sentons petits, limités et inaptes. La honte nous fait croire que nous sommes impuissants, sans ressources dans une certaine situation, ce qui nous conduit à vouloir nous cacher.

Ce type de honte nous fait sentir qu'il y a quelque chose d'inapproprié en nous, se percevant comme inférieur aux autres. Lorsque la honte s'empare de nous, nous répondons en nous cachant et en nous isolant de la société; Pour cela, nous utilisons différents mécanismes tels que la fuite, l'évitement ou la procrastination.

Sur le plan émotionnel, la honte dysfonctionnelle peut nous relier au dégoût envers nous-mêmes, à la mélancolie pathologique, à la peur que d'autres personnes découvrent à quel point nous nous sentons inadéquats ou à la victimisation envers nous-mêmes.




David Chevalier

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